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un autre article de Ruperti
Une
nouvelle psychologie grace à l'astrologie
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Cet article
est basé sur un séminaire que Ruperti a dut donner bien
avant 1980, mais il me semble toujours actuel. Arriver à créer
une relation libre et ouverte entre élèves et professeurs
- une forme de relation que j'appellerais 'Verseau' - est en effet
essentiel si on veut que l'astrologie moderne continue à se
développer au lieu de se figer avant qu'elle soit devenue adulte....
Une véritable coopération
-
Alexander Ruperti -
Les
critiques qui surgissent toujours plus nombreuses de nos rencontres,
se basent sur le désir d’avoir des informations plus
précises sur la technique d’application de la nouvelle
appréciation des symboles astrologiques.
Si
vous n’attendez qu’une précision technique de nos
rencontres, vous ne comprendrez jamais la vie, les gens, ni vous-même.
Si vous appliquez une technique astrologique aux gens, vous détruisez
leur intégrité et ne les comprendrez jamais.
Il faut veiller à
ne pas utiliser l’astrologie dans le but d’imposer une
ligne de conduite, un idéal. Si nous faisons cela, l’idéal
est plus important que la personne réelle que nous pensons
aider; nous voulons l’emprisonner dans le moule de l’idéal.
Nous ne nous intéressons pas du tout à la personne,
mais seulement à l’idée que nous avons de ce qu’elle
devrait être. Si nous poursuivons une méthode, même
si elle est très bien pensée, la méthode devient
très importante. On mesure et on classifie les gens et ensuite
on veut les éduquer selon le thème de naissance. On
enferme les gens dans le cadre d’un idéal, ce qui veut
dire qu’on les encourage à se conformer au lieu d’être
des individus libres. Et puisqu’il n’y a aucune correspondance
réelle entre les gens et l’idéal, nous créons
un conflit incessant entre ce qu’ils sont et ce que nous disons
qu’ils devraient être.
C’est à cause
de ce problème que je n’ai pas voulu mettre l’accent
sur une méthode, une technique, que chacun pouvait appliquer
aux autres le lendemain. J’ai toujours insisté sur le
nécessité d’appliquer d’abord les principes
à soi-même. Sans être nous-mêmes libres de
notre conditionnement, nous ne pouvons pas aider autrui à s’en
libérer.
De plus, je ne veux absolument
pas qu’on me prenne pour une autorité, quelqu’un
qu’il faut suivre. Si les membres du groupe ne cherchent pas
à créer leurs propres significations pour les symboles
astrologiques, ils ne seront jamais des individus libres, car l’acceptation
d’une autorité, d’une méthode, est la négation
de la liberté et ne crée que des conformistes.
Nous ne seront jamais des créateurs
si nous emplissons nos coeurs et nos esprits de savoir, d’informations,
de citations de ce que d’autres ont pensé ou dit. Cultiver
simplement l’intellect, la mémoire, le savoir-faire,
ne conduit pas à l’intelligence qui est la capacité
de sentir aussi bien que de raisonner. Un accent excessif sur n’importe
quelle partie de notre nature totale donne un vue partielle, déformée
de la vie et c’est cette déformation qui est responsable
de la plupart de nos difficultés. Les idées, comme les
croyances, ne peuvent jamais rassembler les gens sauf dans des groupes
antagonistes.
Quand nous avons commencé
ces séminaires, j’ai voulu tenter une expérience
nouvelle, établir un rapport différent de celui qui
s’établit habituellement entre un “enseignant”
et ses “élèves”. J’ai voulu créer
un esprit de groupe fondé sur notre amour commun de l’astrologie,
au lieu de nous rencontrer comme dans une école où un
maître débite des informations à assimiler tant
bien que mal par les élèves.
Je voulais créer un
véritable sentiment de coopération, car dans la coopération
vraie chaque participant a une valeur égale aux autres. On
se réunit pour apprendre l’astrologie ensemble,
pour sentir ensemble, pour
construire quelque chose de valable ensemble.
Nous devons le faire de telle manière que chacun se sente à
l’aise, puisse s’exprimer librement et ressent de la joie
simplement dans le sentiment d’être ensemble
et de faire quelque chose qui lui plaît.
Malheureusement, nous avons
généralement une autre idée de la coopération
selon laquelle le plan, le projet, l’autorité, qui réunit
les gens sont plus importants que le fait d’être ensemble.
Autrement dit, l’idée de la coopération est de
travailler ensemble dans un but précis. On croit qu’Alex
Ruperti a des idées intéressantes, qu’il sait
comment on doit les appliquer, et on est prêt à coopérer
avec lui pour faire valoir l’astrologie humaniste, parce qu’en
le faisant nous allons recevoir des informations nouvelles que nous
pouvons utiliser pour notre bien personnel.
Dans la véritable coopération
ce qui importe est le travail ensemble, non pas le fait de faire une
chose particulière. La coopération est le plaisir d’être
et de faire ensemble, pas nécessairement de faire quelque chose
de précis, et sans aucune pensée de récompense
ou de résultats particuliers. Si ce n’est qu’un
idée, un idéal, un but précis qui nous réunissent,
alors il n’y aura jamais de vraie coopération entre nous.
Car si une idée peut nous unir, une autre peut nous diviser,
et l’esprit de groupe sera illusoire.
Donc, si nous arrivons à
coopérer pour le plaisir d’apprendre ensemble, non seulement
l’astrologie mais aussi ce que nous sommes individuellement,
nos réunions auront un sens qui dépasse de loin la notion
de séminaire.
Vous êtes-vous posé
la question: pourquoi je participe aux séminaires de Ruperti.
Pour apprendre une nouvelle technique? Pour trouver des recettes selon
lesquelles j’espère mieux vivre? Pour trouver peut-être
des certitudes pour remplacer mes points d’interrogations?
Pour être dans le vrai,
je ne dois jamais donner l’impression d’être certain
de quoi que ce soit. Je dois être un éternel étudiant,
toujours en recherche. A partir du moment où j’arrête
et dis: “je sais”, je suis dans l’erreur; je suis
mort.
Si vous dépendez psychologiquement
de moi et ne voulez qu’imiter ce que je dis, alors notre relation
ne peut avoir un résultat positif. Il ne faut avoir une image
statique ni de moi ni de vous-mêmes. Si nous créons un
véritable rapport, toujours renouvelé, jamais le même,
alors nous pouvons tous en bénéficier. J’ai autant
besoin de vous que vous de moi; nous apprenons ensemble, ce qui ne
veut pas dire mémoriser des mots, mais comprendre immédiatement
leur sens, parce qu’on ne cherche pas à les adapter à
nos images préconçues qui peuvent être fausses.
Nous cherchons à clarifier nos esprits et non pas à
nous bourrer d’informations, ni à comparer ce que nous
faisions à ce que font les autres en établissant des
jugements de valeur erronée.
Nous cherchons à faire
ensemble quelque chose que nous aimons faire. Si nous n’aimons
pas le faire, il ne faut pas continuer, parce que l’idée
d’effort, d’arriver à un résultat, deviendra
plus importante que l’activité. Le bonheur ne vient que
quand nous faisons quelque chose que nous aimons faire, sans autres
raisons.
On parle de “vivre l’astrologie”
et en même temps on insiste pour des séminaires plus
concrets, plus pratiques. Croit-on vraiment qu’on devient créateur
en apprenant une technique, une méthode? A quoi sert une technique
si l’on n’a rien à dire? Nous cherchons une technique,
une méthode, parce que nous ne nous croyons pas capables de
trouver, de découvrir quoi que ce soit directement, par nous-mêmes.
Je ne cherche pas à
communiquer un système rigide de penser, mais une nouvelle
façon de penser. Pour cette raison, les participants aux séminaires
doivent se sentir libres de penser à leur façon, au
lieu d’attendre de moi de faire le travail pour eux.
On ne peut pas mettre ce qui
est vivant sur un bout de papier et essayer de le suivre, car c’est
un mouvement continuel. Nous faisons de tels efforts pour faire, agir,
penser, sans nous rendre compte que l’effort d’être
conscient, de comprendre, n’est pas la conscience, n’est
pas la compréhension.
Si dans nos rencontres, on
me considère comme une autorité, c’est moi qui
devient important et non pas ce que je dis.
On veut m’imiter au lieu
de créer soi-même; on veut des informations au lieu de
comprendre la portée de ce qui est dit. Un groupe de personnes
créatrices n’a pas de chef parce que chaque individu
est une lumière pour lui-même. Mais un tel groupe ne
peut exister que s’il est le résultat de rapports entre
personnes qui cherchent une connaissance de soi profonde, fondamentale.
Je ne veux pas être un
gramophone; et je n’aime pas quand vous enregistrez mes paroles
sans chercher à suivre le sens des paroles. Si vous écoutez
superficiellement, en vous disant que tout se trouve sur la cassette,
vous n’écoutez pas les mots en créateurs, mais
en spectateurs voulant simplement répéter ce que je
dis sans comprendre vraiment sa portée pour vous. Il vous manque
la curiosité et l’intensité nécessaires
pour découvrir par vous-mêmes la vérité
ou la fausseté de mes paroles. Il vous faut, non pas un esprit
ouvert, mais un esprit investigateur sans jugement selon ses préjugés
ou croyances. Il faut se sentir libre d’explorer par soi-même,
ce qui est impossible si vous exigez de moi les fruits de mes propres
explorations présentés comme des informations précises
à copier. La répétition d’une vérité
est même impossible réellement, car la vérité
n’est pas une chose statique, mais un état d’expérience.
Il faut savoir distinguer entre apprendre et accumuler du savoir.
Apprendre quoi que ce soit exige la liberté de regarder, et
cette liberté n’existe pas si je regarde à travers
l’image du savoir accumulé hier.
© Article parut
dans la Revue d’Activité Humaniste (RAH) - Idées
Semences nr. 11 - spécial Ruperti - 1998

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